Une note de référence vient d'être publiée conjointement par l'UFNAFAAM et le GEPSo. Thierry Herrant et Thomas Larrieu y formulent 18 propositions concrètes pour améliorer les conditions d'exercice des assistantes familiales, à l'heure où Stéphanie Rist et Gérald Darmanin s'apprêtent à déposer un projet de loi sur la refondation de l'ASE.
Le constat de départ est accablant : entre 2017 et 2022, les effectifs d'assistantes familiales ont chuté de 7,2 % à l'échelle nationale. L'UFNAFAAM prévoit qu'il ne restera plus que 15 000 professionnelles en activité d'ici 2030, contre 40 000 aujourd'hui. Pendant ce temps, la part des enfants placés en famille d'accueil est passée de 56 % en 2006 à 36 % en 2023. Ce n'est pas une tendance. C'est un effondrement.
Ce que proposent Herrant et Larrieu
Les 18 propositions s'organisent autour de quatre axes.
Réintroduire l'État dans la protection de l'enfance. Les auteurs demandent un plan stratégique État/Département sur 3 à 5 ans (proposition 1) et la mise en place de contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens pour assurer un financement pérenne de l'ASE par l'État (proposition 2).
Rompre l'isolement professionnel. C'est le cœur du document. Face à des éducateurs référents qui gèrent parfois 70 dossiers simultanément — là où la norme implicite était de 20 —, la note réclame l'instauration d'un ratio maximal de 20 enfants confiés par éducateur référent, dans le cadre d'un plan pluriannuel (proposition 3). Autres mesures : intégrer un module gestion des émotions dans la formation initiale (proposition 4), rendre obligatoire une astreinte éducative départementale 24h/24 (proposition 5), favoriser le rattachement des assistantes familiales à un établissement de protection de l'enfance (proposition 6), et rendre obligatoire leur participation aux réunions de synthèse (proposition 7). La proposition 8 prévoit une valorisation financière indexée sur la complexité de l'accueil, via une échelle départementale multifactorielle.
Harmoniser et améliorer le cadre d'activité. La note réclame la définition nationale d'une indemnité minimale d'entretien, réévaluée chaque année en fonction de l'inflation (proposition 9), et la création d'une convention collective nationale pour le secteur privé ainsi qu'un cadre statutaire unifié pour le secteur public (proposition 10). Elle demande également de rendre obligatoire le droit à la suppléance professionnelle — inscrit dans le contrat de travail et dans le Projet Pour l'Enfant (proposition 11) —, d'autoriser le cumul d'emplois spécifiquement pour les familles d'accueil relais (proposition 12), et de créer un corps indépendant d'inspection rattaché aux préfectures, sachant qu'aujourd'hui près de 60 % des assistantes familiales n'ont jamais été contrôlées (proposition 13).
Ouvrir de nouveaux droits et mieux valoriser la profession. Une prime d'installation pour les nouvelles assistantes familiales (proposition 14), la généralisation de dispositifs d'accompagnement renforcé durant la première année d'exercice — sur le modèle du dispositif ETAPE des Côtes-d'Armor (proposition 15) —, le renforcement de la collaboration entre ASE, établissements et IRTS pour des formations adaptées (proposition 16), l'accès garanti de toutes les assistantes familiales à l'ensemble des offres de formation continue (proposition 17), et enfin une grande campagne nationale pluriannuelle de communication et de recrutement (proposition 18).
Pourquoi cette note compte
Elle arrive au bon moment. Avec un PJL annoncé « très prochainement » par Stéphanie Rist, les propositions de l'UFNAFAAM et du GEPSo constituent une base de travail sérieuse, issue du terrain. Elles sont mesurables, argumentées et, pour la plupart, applicables sans révolution législative.
Ce qui manquait jusqu'ici, c'est exactement ce que cette note fournit : un catalogue priorisé, fondé sur des entretiens avec des professionnelles en activité, qui dit clairement ce qu'il faut faire et dans quel ordre. Le PJL Rist n'aura aucune excuse pour ignorer ces propositions.
Lire la note complète : https://www.jean-jaures.org/publication/assistantes-familiales-18-propositions-pour-revaloriser-une-profession-essentielle/
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