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Enfant placé et sans école : la fin de la galère pour les familles d’accueil ?

On a tous déjà connu cette situation complexe en tant qu’assistant familial : un enfant arrive en urgence, un adolescent est exclu de son collège, ou une orientation en structure adaptée (SEGPA, ITEP) s’éternise. Résultat ? L’enfant reste à la maison toute la journée. La charge de l’occuper et de tenter de maintenir un semblant de rythme scolaire repose alors entièrement sur la famille d’accueil, dans l’attente d’une inscription administrative.
Une nouvelle instruction du ministère de l’Éducation nationale, publiée le 16 septembre 2026, vient enfin donner un levier d’action concret face à ces situations. Elle impose la mobilisation du dispositif Apadhe pour les enfants de l’ASE empêchés d’aller à l’école pour des raisons sociales.
Voici ce qu’il faut retenir de ce texte et comment s’en saisir au quotidien.
L’Apadhe, ce n’est plus seulement pour les enfants malades
L’Apadhe (Accompagnement pédagogique à domicile, à l’hôpital ou à l’école) est un dispositif connu de longue date, mais historiquement réservé aux élèves déscolarisés à la suite d’un accident ou d’une grave maladie.
La nouveauté de cette directive est de rappeler fermement aux académies que ce dispositif doit être activé pour les enfants de l’Aide sociale à l’enfance confrontés à des « difficultés sociales majeures ». L’objectif est clair : éviter que la rupture temporaire avec l’école (le temps d’une mise à l’abri, d’un changement de lieu de vie ou de la résolution d’une crise) ne se transforme en un décrochage scolaire définitif.
Qu’est-ce que cela change concrètement à la maison ?
Pour l’assistant familial, l’activation de l’Apadhe modifie considérablement la gestion d’un enfant en rupture scolaire :
- L’école vient à l’enfant : Un enseignant volontaire (souvent rémunéré en heures supplémentaires par l’Éducation nationale) se déplace directement à votre domicile pour dispenser les cours.
- Un relais éducatif : Vous n’êtes plus seul à devoir bricoler des exercices. L’enseignant prend le relais sur les apprentissages fondamentaux (en moyenne entre 2 et 6 heures par semaine), ce qui remet l’enfant dans une posture d’élève.
- Le dispositif est gratuit : Il est intégralement pris en charge par l’Éducation nationale (ou via des associations partenaires comme les PEP).
- Une contrainte logistique : Il y a une règle d’or. L’enseignant ne peut jamais rester seul avec l’enfant. L’assistant familial (ou un autre adulte responsable) a l’obligation d’être présent au domicile pendant toute la durée des cours. Il faut donc articuler ces heures avec les visites médiatisées, les rendez-vous médicaux ou les rencontres avec le référent.
Dans quels cas peut-on le demander ?
Il est important de comprendre que l’Apadhe est un filet de sécurité temporaire, et non une alternative pérenne à l’école ni un service de soutien scolaire.
Les situations où l’Apadhe fonctionne :
- L’enfant est en attente d’une inscription (dossier bloqué, refus temporaire de l’établissement de secteur).
- L’enfant est trop fragile psychologiquement suite à un placement récent pour affronter immédiatement un groupe classe entier.
- Un retour progressif à l’école est mis en place (par exemple, deux matinées par semaine au collège, le reste à domicile avec l’Apadhe pour combler le retard).
Les situations où cela sera refusé :
- L’enfant est déjà scolarisé à temps plein mais a d’énormes lacunes. L’Apadhe ne fait pas d’aide aux devoirs ou de remise à niveau « en plus » de l’école. Il faudra dans ce cas s’appuyer sur les dispositifs de l’établissement (RASED, « Devoirs faits »).
Comment faire la demande ?
Si vous accueillez un enfant déscolarisé depuis plusieurs jours et que la situation semble s’enliser, c’est le moment d’interpeller votre référent ASE.
L’instruction de septembre 2026 exige des services de l’Éducation nationale et de l’ASE de ne plus travailler chacun dans leur coin. Ce n’est pas à vous de remplir la paperasse, mais vous pouvez être le déclencheur : demandez à l’éducateur référent d’enclencher une « saisine Apadhe » auprès du conseiller technique de service social de l’Inspection académique.
Même si la mise en place demande parfois un peu de temps (trouver l’enseignant volontaire, valider le dossier), s’appuyer sur ce texte officiel vous permet de rappeler à l’administration qu’elle a désormais l’obligation de trouver une solution pédagogique rapide pour l’enfant qui vous est confié.
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